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Absurdité des absurdités...

Absurditas absurditatum, omnia absurditas...

Election tronquée - Election truquée

Qui a oublié le slogan soixante huitard : " Elections, piège à cons " ? Un demi siècle plus tard, l'idée, en son temps développée par Jean-Paul Sartre, mérite toujours d'être discutée. 

Cette année 2020 sera celle de la pire des impostures électorales dans l'histoire de notre Cinquième République. Un microbe aura suffi à révéler les incompétences mais aussi les vieux réflexes magouilleurs d'une classe politique imbue d'elle-même. Les décisions prises pour le maintien des élections municipales, en ne permettant qu'un tour sur deux aussitôt le premier tour passé, évoquent le bricolage. Bricolage assurément, comme est bricolage la gestion de la crise sanitaire, mais aussi - et peut-être surtout - truquage. 

Cette élection de mars/mai/juin 2020 tronquée grâce au microbe n'a rien de - moralement - légitime. Le pouvoir, bicéphale, s'est exprimé en mars de façon contradictoire. Le résultat était prévisible : le premier tour donna pour vainqueur le parti de... l'abstention ! Ce mouvement qui, depuis les dernières élections présidentielles, est désormais le " premier parti de France " a gagné au premier tour de cette élection municipale grâce à la confusion et grâce à la peur. La peur du microbe assassin a ainsi considérablement perverti le fonctionnement démocratique.

Il est évident que le courage politique eût été de différer le premier tour, autrement dit, de reporter l'élection. Il est regrettable, et hautement contestable, de considérer comme acquis les résultats de ce premier tour réalisé dans une atmosphère de panique. Il est sidérant et indécent de voir les candidats vainqueurs du premier tour, malgré le faible nombre de voix obtenu au suffrage universel, se faire élire maire par leur conseil municipal deux mois et de nombreux morts plus tard.

Dunkerque, comme de trop nombreuses communes, se dote pour six ans d'un exécutif moralement illégitime. On nous dira que la morale est une utopie en politique. Peut-être vrai, mais les conséquences de cette amoralité sont terribles pour le pays tout entier : il suffit d'observer ce qui se passe depuis l'intronisation de Macron, le président le plus "abstenu" de l'histoire du suffrage universel...   

Patrice Vergriete, réélu maire de Dunkerque, se glorifie de son 64,04 % mais oublie le pourcentage le plus important, et de loin le plus significatif, de cette ré-élection : 37,83 % de participation (à peine un peu plus d'un électeur sur trois) qui ne lui donne qu'une très faible légitimité. Mais de ce message, nous savons déjà qu'il "s'abstiendra" de comprendre le sens profond ! 

Dunkerque doit s'attendre à souffrir...

Pierre LE BOEUF - ancien Conseiller Municipal de Dunkerque (2008-2014)

  

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V
Merci Pierre de cette bonne analyse. Je rajouterai simplement qu’un pourcentage ne veut rien dire et que l’on ne peut pas parler de plébiscite pour un personnage qui bien qu’élu a engrangé moins de voix qu’au 1er et au second tour en 2014!
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C
Bonjour,<br /> Votre propos sur la très faible légitimité des élus, notamment à Dunkerque est parfaitement vrai. Votre inquiétude quant à l'avenir me semble parfaitement fondée et je la partage. De mauvaises perspective pour la République et la démocratie.<br /> Bien cordialement<br /> Claude Nicolet
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