Par capnotreavenir
Les sanglots longs des violons de l'automne
Blessent mon coeur d'une langueur monotone
C'est par cet extrait de poème que la plus grande opération militaire de tous les temps fut annoncée par les forces alliées unies contre la puissance nazie.
Paul Verlaine (1844-1896), " Poète Maudit ", n'aurait probablement jamais imaginé être associé au débarquement en France de milliers de soldats. Le 6 juin 1944, la Grande Faucheuse oeuvrant sans pitié dans les fracas de la guerre.
L'horreur des combats aura été à l'aune de l'événement...
Pour célébrer les 80 ans de cette bataille, un autre poème peut être cité :
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Egalement " Poète Maudit ", Arthur Rimbaud (1854-1891) décrivit à l'âge de 16 ans un jeune soldat paisiblement endormi... pour l'éternité.
" Le Dormeur du Val " a toute sa place dans l'évocation de la mort qui a tant frappé ce jour de printemps. Rimbaud aurait peut-être aimé la gloire militaire inattendue pour son complice si tourmenté.
On dit que la cause peut justifier les moyens. La lutte pour la fin du nazisme valait sûrement bien des sacrifices. Mais il suffit de constater, 80 ans plus tard, la constance de la barbarie pour vouloir citer un autre immense poète:
La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur qui se pavane et s'agite durant son heure sur la scène et qu'ensuite on n'entend plus. C'est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien.
William Shakespeare (1564-1616), dans cette oeuvre " maudite " écrite en 1605, " Macbeth ", disait peut-être tout de la tragédie humaine.
Pour cet anniversaire octogénaire ayons néanmoins une pensée fraternelle pour tous ces dormeurs, jeunes et moins jeunes, dont le sacrifice aura permis à une immense majorité de recouvrer la liberté.
Hommage à tous les combattants pour la libération des peuples, aux victimes civiles.
Hommage à tous ceux qui ont oeuvré pour la Paix...
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