Par capnotreavenir
François, Le Plat...
Il y eut Le Gros, Le Chauve, Le Bègue, Le Bon, Le Fol, Le Bref, Le Fainéant, Le Simple. Ils s’appelaient Charles, Louis, Jean, Pépin. Ils étaient numérotés. Ils étaient rois de France. La République, qui n’est pas la monarchie, a remplacé les rois par des présidents. Des présidents qui, dans la Vème République, jouissent toutefois d’un train de vie royal.
Il suffit de visiter l’Elysée pour admettre que le luxe est plutôt d’ancien régime. Et de comparer ce logement de haute fonction à leurs équivalents en Allemagne ou en Angleterre. Ainsi, entre le 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris et le 10 Downing Street à Londres, la différence est celle qui distingue un palais princier d’une maison bourgeoise. Le plus curieux étant que le logement princier est celui du président d’une république et que la modeste résidence est celle du premier ministre d’une monarchie. C’est le vieux débat sur « les ors de la République » et sur les risques de corruption morale que le luxe peut provoquer sur les esprits faibles.
On peut donc,hélas, parler en France, des rois de la République. Aujourd’hui, notre roi s’appelle François.
Si l’on s’en tient à la très monarchiste Cinquième République, il est le second après François Mitterrand (Le Vaniteux ? Le Florentin ?), mais il est le quatrième dans la lignée de tous nos rois François, après François 1er (1494-1547), François II (1544-1560), François III (1916-1996).
A notre roi François IV, il reste à attribuer un surnom. Il a déjà cristallisé depuis son sacre, le 15 mai 2012, un certain nombre de possibilités : Le Mou, Le Fourbe, Le Cachottier, L’Inconstant, Le Soporifique, etc...
Les monarques se révélant aussi dans leurs discours, on pourrait s’inspirer de ce qu’il a déclamé hier, mercredi 27 mai 2015, lors de la Grand-Messe républicaine de la « panthéonisation ». Les deux femmes accueillies dans ce haut lieu de la mémoire nationale auraient probablement pu donner des leçons de courage, de lucidité, de magnanimité, de détermination face aux pires dangers, à l’orateur et grand prêtre de la cérémonie. Leurs exemples ont été évoqués sans conviction, sans passion, sans relief, par notre roi François. Le contraire du relief étant la platitude, l’évidence s’impose. Son discours frôlant la banalité, sa façon de le prononcer étant proche du ton monocorde, on ne peut que penser à cet adjectif bref qui dit tout : « plat ».
François IV, dit Le Plat, laissera sûrement le souvenir d’un homme jamais à la hauteur des défis et des menaces de notre époque tourmentée.
Céhenna
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